Requiem for a piece of wood

Emmanuel Tussore détourne de leur usage les scies circulaires destinées à débiter les troncs d’arbre. Décontextualisées, elles donnent à voir un monde évanescent, vaporeux, dilué. Le support n’est plus ce matériau tranchant, mortifère, constitué de lames d’aciers. Manipulé par l’artiste, chimiste en son atelier, il s’est métamorphosé. Les scies circulaires semblent dériver dans l’espace telles des planètes en mouvement. On y voit le feu, des cratères, des ersatz de roche, des queues de comètes laissant filer des poussières d’étoiles, on assiste à la naissance de l’Univers. Les figures révélées par l’oxydation à la surface des lames évoquent ces paysages lointains dévoilés par un télescope. Sous le regard de l’astronome, des cellules, des micro-organismes en suspens.
Chaque scie a sa propre vibration, émet un son pur qui évoque des rituels anciens. On songe aux rites chamaniques, aux cérémonies druidiques. Elles nous renvoient à notre terre nourricière et protectrice, la terre matrice, la terre de nos origines que nous défigurons. Entre réel et magique, profane et sacré, elles nous invitent à la méditation.